mercredi 13 mai 2009

Les heures sombres



La pluie menace à tout instant de crever les nuages.

Perchée dans mon arbre à souhaits, je bascule du regard dans le paysage mélancolique. Les feuilles bruissent, chuchotent, les branches m'enserrent doucement de leurs membres maigres. Les oiseaux se sont tus, petites boules tremblantes de chaleur douce, pépiements suspendus. Reste la litanie du vent, qui, sans lourdeur mais avec insistance, m'invite à boire la potion d'oubli distillée au coeur des pousses vertes.
Les premières perles de pluie s'écrasent sur mon corps nonchalant, glissent le long de ma chevelure, viennent orner la toile d'une veuve.

Le ciel est en lambeaux, l'avenir embrumé.
Dans ces instants figés où tout lâche prise, je crains que ma voix ne se perde dans la tempête.

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